En traduction, donc, livre après livre, des sommes ou des échappées, dans un ordre provisoirement désordonné : textes poétiques incontournables ou à défricher, documents théoriques et critiques, archives hétéroclites, proses diverses des membres connus ou moins connus de la génération de 1922, cette avant-garde brésilienne historique qu'il nous reste à considérer et à intégrer à la modernité occidentale, au patrimoine mondiale de la poésie.
Prochainement sur papier folioté et disponible chez les marchands d'imprimés : Mario de Andrade (les poèmes de Paulicéia Desvairada et de nombreux textes critiques). En projet, plus ou moins avancés : Ronald de Carvalho, Carlos Drummond de Andrade, Manuel Bandeira, Graça Aranha, Antônio de Alcântara Machado, Cassiano Ricardo, etc. La suite d'Oswald et de Mario, bien sûr.
Tout reste à faire. Les éditeurs sont là. Les lecteurs ? Vitrine.
(A.C.)

22 mai 2013

Là où il faut être

Autour de la récente traduction de Pathé-Baby d’Alcântara Machado (Éditions Pétra, mars 2013), une après-midi studieuse à l’université...


« L’Europe vue par des modernistes brésiliens »
Colloque à l’Université Paris 8

Jeudi 6 juin 2013, de 14h30 à 17h30





Événement organisé par les Professeurs Maria Helena Araújo Carreira (Département d’Études des Pays de Langue Portugaise de l’Univ. Paris 8) et Sandra Nitrini (Département de Théorie Littéraire et Littérature Comparée de la FFLCH, Groupe de Recherche Brésil-France de l’Institut d’Études Avancées de l’Université de São Paulo et professeur invité à Paris 8).

Modérateur : Maria Helena Araújo Carreira (Professeur à l’Université Paris 8)







14h30 - Antoine Chareyre (traducteur, Professeur agrégé de Lettres modernes) : Import/export : un traducteur face aux suggestions européennes dans le modernisme brésilien.

15h00 - Jacqueline Penjon (Professeur émérite à l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3) : L’Europe et les modernistes : Alcântara Machado.

15h30 - Catarina Firmo (Docteur de Paris 8 et de l’Université de Lisbonne, Maître de Langue à l’Université Paris 8) : L’itinéraire intertextuel d’Alcântara Machado. Quelques voix modernistes à l’occasion d’un court séjour à Lisbonne.

16h00 - Sandra Nitrini (Professeur à l’Université de São Paulo et invité à l’Université Paris 8) : Pathé-Baby d’Alcântara Machado : sa singulière poétique du voyage et sa vision dysphorique de l’Europe.

16h30 - Pierre Rivas (Maître de Conférence honoraire de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : Les migrations transatlantiques : le nouveau monde face à l’ancien monde.


En salle B106 de l’Université Paris 8 (Vincennes-Saint-Denis)
2 rue de la Liberté (Saint-Denis)

27 mars 2013

Curiosité

À l’occasion de la traduction française de Pathé-Baby d’António de Alcântara Machado (Éditions Pétra, mars 2013)... la dédicace manuscrite de l’auteur sur un exemplaire de l’édition originale offert à Blaise Cendrars, l’ami des modernistes de São Paulo qui effectuait alors son 2ème séjour au Brésil :
 
 
Pour Blaise Cendrars,/ – grand spécialiste en/ films documentaires/ avec l’enthousiasme de/ Alcântara/ – avril 1926
 
(Volume conservé au Fonds Blaise Cendrars des Archives Littéraires Suisses, Bibliothèque Nationale, Berne.)

22 mars 2013

L'Europe des années 1920 vue par un journaliste brésilien...

António de Alcântara Machado
    
Pathé-Baby
       
Préface d’Oswald de Andrade
Estampes de Paim
    
Traduction du portugais (Brésil),
notes & postface d’Antoine Chareyre
     
Éditions Pétra (Paris)
Coll. « Voix d’ailleurs »
22 x 14 cm, 272 p., 22 €
   
paru en mars 2013 –
 
  
Les récits de voyage au Brésil ne manquent pas, mais sait-on ce qu’ont à dire, de nous, les Brésiliens ?
En 1925, comme tant d’autres Latino-Américains, un jeune journaliste de São Paulo entreprend une tournée en Europe et visite au pas de course, en train ou en voiture, villes et campagnes du Portugal, de France, d’Angleterre, d’Italie et d’Espagne.
Il rédige sur le fait des impressions de voyage qu’il envoie au Jornal do Comércio de São Paulo, où elles paraissent d’abord sous la forme d’une chronique sous-titrée «Panoramas internationaux», puis qu’il rassemble et refond, en 1926, en un beau volume organisé comme une petite séance de cinématographe, télégraphiquement préfacé par Oswald de Andrade, l’agitateur du «futurisme» local et prompt découvreur de talents, dans une stupéfiante «Lettre-Océan», et illustré par Paim, dont les estampes idoines achèvent de faire de ce reportage une projection sur grand écran.

En touriste pressé et impertinent, dans un style coupé, rapide et synthétique, à la fois précis et impressionniste, et où le registre descriptif s’ouvre à la transcription de tous les discours vernaculaires, l’auteur inverse la perspective exotique habituelle et s’amuse de l’Europe, de ses aspects pittoresques ou incongrus, de ses attraits touristiques un peu galvaudés et de son patrimoine étouffant. Il moque, surtout, les réflexes culturels, l’imaginaire et le regard brésilien d’alors sur le vieux continent, tropisme à démagnétiser. Un essai de déprise et de désapprentissage reçu comme une réussite exemplaire au sein du groupe moderniste, et son auteur comme un jeune talent de la nouvelle prose.

Caméra Pathé-Baby, guide Baedeker et méthode Berlitz : voir l’Europe, vite !
 

Né en 1901 à São Paulo, António de Alcântara Machado mène une carrière de chroniqueur et critique journalistique dès le début des années 1920, dans le Jornal do Comércio, et exerce la codirection des revues modernistes Terra roxa e outras terras (1926) et Revista de Antropofagia (1re phase, 1928-1929), sans toutefois avoir participé à la Semaine d’Art Moderne de 1922, puis celle de la Revista Nova (1931-1932).
Après les chroniques de Pathé-Baby, les nouvelles de Brás, Bexiga e Barra Funda (1927) et Laranja da China (1928), inspirées du monde urbain et populaire de São Paulo, le consacrent comme un prosateur essentiel de la génération moderniste (Oswald de Andrade, Mário de Andrade…). Mort précocement en 1935, il laisse un roman inachevé, quelques fictions inédites et une œuvre critique importante.
 
 
Dans le volume : le texte de Pathé-Baby avec ses illustrations et un projet graphique respectueux de l’édition originale de 1926, p.11-218 ; « Textes annexes », p.221-230 ; « Notes et variantes », p.233-243 ; « Voir l’Europe, vite », postface du traducteur, p.247-270.

Ouvrage publié avec le soutien du Ministère de la Culture du Brésil / Fondation Bibliothèque Nationale.

 
Diffusion-distribution : info@editionspetra.fr / www.editionspetra.fr
ISBN : 978-2-84743-065-3
 
Le livre n’est pas en librairie ? Passez par la page de l’éditeur :
http://www.editionspetra.fr/ouvrage/171 et cliquez sur « Acheter »...

15 mars 2013

Là où il faut être

Lancement officiel du volume :
 
António de Alcântara Machado
Pathé-Baby
  
Préface d’Oswald de Andrade
Estampes de Paim
     
Traduction du portugais (Brésil),
notes & postface d’Antoine Chareyre
    
Éditions Pétra (Paris)
Coll. « Voix d’ailleurs »
22 x 14 cm, 272 p., 22 €
 
 
Signature de l'ouvrage par son traducteur
 au 33e Salon du Livre de Paris
    
Dimanche 24 mars de 14h à 15h
sur le stand K83 de la Région Île-de-France
 
(Paris, Porte de Versailles, Parc des Expositions - Pavillon 1)
     
Sources & informations :
 
À visiter également au Salon du Livre :
le stand officiel du Brésil (U61)
ainsi que le stand des Éditions Chandeigne (V61).

18 février 2013

A écouter

Interview du traducteur Max de Carvalho et de l’éditeur Michel Chandeigne à l’occasion de la parution de La Poésie du Brésil, Anthologie du XVIe au XXe siècle (octobre 2012).
 
 
Ça rime à quoi
(émission présentée par Sophie Nauleau)
sur France Culture, dimanche 24 février, de 20h à 20h30.
 

7 février 2013

Là où il faut être

Retour sur le volume
 
La Poésie du Brésil
Anthologie du XVIe au XXe siècle
 
Choix, présentation et traduction de Max de Carvalho...
 
Éditions Chandeigne (Paris)
« Bibliothèque Lusitane »
1512 p., 42€
 
- paru en octobre 2012 -
 
 

Dans le cadre du Printemps des Poètes 2013, présentation de l'ouvrage avec son organisateur et principal traducteur, Max de Carvalho, ainsi que deux de ses collaborateurs, Michel Riaudel et Antoine Chareyre, et l'éditrice, Anne Lima.
 
Table ronde suivie d'une lecture à deux voix par les comédiens Sara Darmayan et Marcello Novais Terres.

Dimanche 17 mars 2013 à 16h
au Salon de lecture Jacques Kerchache
du Musée du Quai Branly
 
(37, quai Branly, Paris 7e)
(entrée libre dans la limite des places disponibles)

22 octobre 2012

Bande-annonce

video
 
Sous presse :
 
António de Alcântara Machado
Pathé-Baby
 
Préface d'Oswald de Andrade
Illustrations de Paim
Traduction du portugais (Brésil),
notes et postface d'Antoine Chareyre
 
Éditions Petra (Paris)
Coll. « Voix d’ailleurs »
 
- à paraître en mars 2013 -

21 octobre 2012

Un colloque franco-brésilien à Paris

Colloque international
« Les 90 ans du Modernisme brésilien »

Conférences en français et portugais.
Exposition.
Récital de poésie.
Concert.
 
Événement organisé par l’APEB-fr (Association des Chercheurs et Étudiants Brésiliens en France), en collaboration avec le CREPAL (Centre de Recherches sur les Pays Lusophones) de l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3) et le Département de Lettres de l’Université de São Paulo (USP).
 
Jeudi 25 et vendredi 26 octobre 2012
à la Maison du Brésil.

(7 L, boulevard Jourdan, Paris 14e, Cité Internationale Universitaire)
 
Retransmission en direct sur le site officiel du colloque.
 
Présentation et programme complet : http://www.modernismebresilien90ans.fr

5 octobre 2012

Là où il faut être

Lancement du volume
 
La Poésie du Brésil
Anthologie du XVIe au XXe siècle
 
Choix, présentation et traduction de Max de Carvalho...
 
Éditions Chandeigne (Paris)
« Bibliothèque Lusitane »
1512 p., 42€
 

 
Soirée de présentation
en présence de Max de Carvalho et des éditeurs
 
Mardi 16 octobre 2012 à 19h
à la Librairie Portugaise et Brésilienne
 
(19/21 rue des Fossés Saint-Jacques, Place de l’Estrapade, Paris 5e)

Du Modernisme et des anthologies

Vient de paraître
 
La Poésie du Brésil
Anthologie du XVIe au XXe siècle
 
Choix, présentation et traduction de Max de Carvalho
en collaboration avec Magali de Carvalho et Françoise Beaucamp
 
et avec la participation d’Ariane Witkowski, Isabel Meyrelles,
Inês Oseki-Dépré, Patrick Quillier et Michel Riaudel,
 
[et, pour les notices,
d’Émilie Audigier, Glória Carneiro do Amaral, Renata Palotini, Vagner Campilho,
Antoine Chareyre, Saul Neiva et Michel Riaudel]
 
édition bilingue
 
Éditions Chandeigne (Paris)
« Bibliothèque Lusitane »
1512 p., 42€
 
- parution en octobre 2012 -
 
 
Le commentaire de Bois Brésil & Cie :

Anthologies, anthologies… On ne peut aimer vraiment les anthologies, quand tant d’auteurs méritent et attendent encore des volumes en leurs noms seuls. Quand la promesse des échantillons semble ajourner indéfiniment de plus systématiques importations. Quand l’on embrasse si volontiers pour si rarement étreindre. En voilà une pourtant qui devrait faire date et sans doute plus qu’aucune autre, de celles qui parurent en France en ce domaine si mal connu, si inégalement parcouru, de la poésie brésilienne, de toute la poésie brésilienne. Une somme inédite assurément, par l’amplitude et la richesse du panorama qu’elle propose (près de cinq siècles, plus de 130 auteurs…), et impressionnante par son ambition, dont témoignent aussi le nombre et la qualité des spécialistes et traducteurs qui ont apporté leur concours à la réalisation d’un tel projet.
 
Du fait même de l’ampleur de la sélection, ce luxe inespéré, et parce que son maître d’œuvre a souhaité composer, comme il s’en explique, un choix qui ne reconduise pas nécessairement « les renommées admises », « un consentement général qui n’offre en ces matières aucune garantie », « le suffrage du lecteur brésilien », autrement dit le canon local en vigueur (celui qui eût prescrit, justement, les dites « pièces d’anthologie »), on y trouvera maints auteurs habituellement négligés ou oubliés, et le lecteur spécialement curieux de ce qui s’écrivit en poésie à la faveur du mouvement moderniste des années 1920 pourra découvrir des noms et des textes qui, eux aussi, ont été largement relégués au second plan de l’histoire littéraire par la consécration forcément simplificatrice de quelques chefs de file, les deux Andrade, Mário et Oswald, et par celle de Carlos Drummond de Andrade et Manuel Bandeira, tous quatre heureusement rejoints ici, donc, par leurs comparses de l’époque.
 
Ainsi Max de Carvalho n’a-t-il pas craint de redonner toute leur place à Raul Bopp, Ronald de Carvalho, Guilherme de Almeida, Cassiano Ricardo, Menotti del Picchia, Ribeiro Couto, et jusqu’au confidentiel Luís Aranha, dont la présence n’était pas acquise et qui s’impose décidément, dans le champ éditorial de ces dernières années, comme un moderniste central en dépit de sa carrière poétique avortée. Autant de personnalités peu traduites, parfois pour la première fois en ces pages, et par lesquelles se recompose, à nos regards détrompés, la réelle diversité poétique du premier modernisme.
 
Revers peut-être de tant de générosité, ou limites de la subjectivité, il faudra déplorer par exemple de ne trouver ici absolument rien du vers-librisme halluciné de Paulicéia desvairada (1922) : pas un poème de ce recueil pourtant paradigmatique dans le choix consacré à Mário de Andrade ; pas un mot, pas la moindre référence, dans la notice biobibliographique de l’auteur. Dans la mesure où la préface de l’organisateur et traducteur principal est tout sauf un abrégé d’histoire de la poésie brésilienne, exercice jugé par trop académique peut-être mais que l’on attendait légitimement, et puisque les notices sont elles-mêmes, bien souvent, un peu chiches, on se demande comment un lecteur néophyte pourra comprendre vraiment quelque chose à la révolution poétique entreprise par la génération de 1922, si d’aventure il lui prenait d’ouvrir cette anthologie en pensant y trouver des repères sûrs. De même, Oswald de Andrade n’est pas des mieux servis, et ses morceaux choisis, par leur nombre et l’ensemble qu’ils forment, ne donnent certainement pas la meilleure ou la plus juste idée de ce que fut la poésie de Pau Brasil (1925) ; on peine encore, visiblement, à le prendre vraiment au sérieux.
 
Ces déséquilibres (et non ces lacunes, entendons-nous bien, car rien n’est plus absurde que de reprocher à une anthologie d’être incomplète), cette tendance plus ou moins tacite qui lèse Mário et Oswald de Andrade, ne s’expliquent que trop. De manière générale en effet, et paradoxalement, ces mêmes critères qui ont favorisé l’entrée au sommaire des poètes modernistes, et de telle ou telle pièce de ceux-ci, semblent faire prévaloir la qualité spécialement brésilienne de leur production au détriment relatif de leur dimension, précisément, moderniste et universelle, ou encore, osons le mot, « futuriste ». C’est un dilemme, évidemment, et un équilibre introuvable, pour ces poètes dont l’avant-gardisme a consisté précisément, à des moments et des degrés divers, à refonder une brésilianité qui fût propre, comme telle, à prendre part au concert contemporain des nations — mais il est manifeste, dans les intentions de l’anthologiste, qu’aux ruptures de paradigme, à la discontinuité constitutive du temps culturel et à la verticalité qui eût ouvert davantage de perspectives synchroniques, l’on a préféré ici l’horizontale continuité d’un génie national. Ces lignes de la quatrième de couverture, en sympathie avec la préface, le disent assez :
 
« plus qu’une anthologie, cette composition est une invitation à un voyage sensoriel, à la célébration d’une démesure propre au Brésil. C’est une brassée de poèmes rythmée par la splendeur des paysages, un catalogue émerveillé exaltant la saveur de l’île Brésil à travers ses fruits, sa flore, sa faune, sa toponymie scandée de noms indiens, etc. Autant de preuves que le poète du Brésil serait condamné à laisser transparaître, même malgré lui, ce vertige des sens et cette exubérance de la nature. »
 
N’a-t-on pas entendu cela, déjà ? Blaise Cendrars au Brésil : « Quelle merveille ! » Or l’intégration définitive des poètes modernistes à l’histoire de la modernité occidentale, et non leur assignation à résidence, n’aura lieu, peut-on estimer, qu’à partir du renversement radical de tels présupposés : veut-on donner à lire des Brésiliens qui furent poètes, ou des poètes qui furent brésiliens ? « La poésie du Brésil » : qu’est-ce à dire ? Se dessine là, ne nous le cachons pas, un départ entre deux parti-pris sans doute inconciliables, en matière d’engagement et d’approche éditoriale.
 
Soit. La critique des anthologies est un exercice facile. Et d’une pertinence suspecte, lorsqu’elle représente des intérêts particuliers. Cette Poésie du Brésil-là est une œuvre d’auteur revendiquée, l’œuvre d’un poète, et l’on ne saurait sans ridicule reprocher à Max de Carvalho, qui s’en justifie suffisamment, d’avoir composé à sa façon un ouvrage que personne avant lui n’a osé ou su entreprendre, et qui, par bien des côtés et pour la plupart des périodes couvertes, viendra satisfaire, sans doute pour longtemps, des curiosités autrement sans ressources.
 
 
Présentation de l’éditeur et sommaire :

15 septembre 2012

Dans la presse française 9 et 10

Comptes rendus (précoces) des ouvrages Bois Brésil (Poésie et Manifeste) d’Oswald de Andrade et Une poétique de la radicalité (Essai sur la poésie d’Oswald de Andrade) de Haroldo de Campos, par Teresa-Cristina Duarte-Simões, publiés en portugais dans Caravelle (Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien) (Toulouse, Presses Universitaires du Mirail), nº95 de décembre 2010 (p.247-250) et nº96 de juin 2011 (p.276-277).
 
Extraits choisis et traduits :
 
« Antoine Chareyre […] propose, avec le livre Bois Brésil, la première édition critique française de cette œuvre brésilienne déterminante, traduite par lui-même et enrichie d’innombrables notes. […] Avec le présent ouvrage, l’œuvre d’Oswald de Andrade acquiert une meilleure visibilité en France, contribuant ainsi à corriger une certaine injustice. En effet, le moderniste brésilien fut jusqu’à présent peu traduit dans le pays où il vécut, qu’il admira et qu’il « dévora », ayant été sans nul doute le plus français des auteurs modernistes brésiliens. La longue préface d’Antoine Chareyre est indispensable, qui situe d’une manière claire et vivante l’atmosphère de l’époque — tant au Brésil qu’en France — tout comme la trajectoire incomparable de ce poète et agitateur exceptionnel. »
 
« Avec ce nouveau volume [l’essai de H. de Campos], Antoine Chareyre présente une nouvelle fois au public français — dans une traduction élégante et agréable à lire — une œuvre liée au mouvement moderniste brésilien dont les racines remontent à la Semaine d’Art Moderne de 1922. Il apparaît, de la sorte, comme le traducteur par excellence des écrivains qui luttèrent pour imposer une modernité nécessaire aux lettres brésiliennes, ainsi que des auteurs postérieurs qui, les années passant, ont analysé et évalué ces textes précurseurs. »

24 juin 2012

Traductions, traductions...

Deux modernistes brésiliens
dans une anthologie nord-américaine

Voilà que l’on relève la présence de Mário de Andrade et de Luís Aranha dans une anthologie qui vient de paraître aux États-Unis, Burning City : Poems of Metropolitan Modernity, éditée par Jed Rasula et Tim Conley (Notre Dame, Action Books, 2012, xx-574p.), représentés avec un poème chacun, respectivement « Typewritter » [« Máquina de escrever », tiré du recueil O Losango Cáqui de 1926] et « Cocktail » [tiré de Cocktails, composé vers 1922 et inédit jusqu’en 1984].

Les deux Brésiliens n’occupent pas le même rang, loin de là, dans les histoires de la littérature brésilienne. L’un, très fameux, a acquis une place paradigmatique, ne serait-ce qu’en tant que chef de file et théoricien du mouvement moderniste de São Paulo ; l’autre est resté plus marginal, longtemps inédit ou presque, et aurait pu demeurer tout à fait inconnu. Ils furent toutefois très complices, biographiquement et esthétiquement, et dans la diversité des tendances et sous-courants modernistes, Aranha fut peut-être le plus proche de la poésie pratiquée par Mário de Andrade autour de 1922 (bientôt en français).
De fait, à partir d’un certain prisme de lecture (favorisant l’innovation et l’engagement avant-gardiste si ce n’est expérimental), le confidentiel Luís Aranha est bien l’un des premiers à retenir l’attention, au sein de sa génération, et il n’est pas étonnant qu’à cet égard son œuvre ait pu faire l’objet de récentes traductions française (La Nerthe, 2010) et espagnole (La Isla de Siltola, 2012), en flagrante contradiction avec le canon littéraire en vigueur (et sa situation éditoriale présente) au Brésil — en somme, Aranha sera bientôt plus connu à travers le monde qu’il ne l’est actuellement dans son propre pays.
Aussi bien Mário de Andrade et Luís Aranha, pour ces mêmes raisons, se sont-ils déjà trouvés représenter à eux deux le Brésil dans une anthologie thématiquement comparable, Aviones plateados : 15 poetas futuristas latinoamericanos, éditée par Juan Bonilla en Espagne, en 1993 et 2009.

On les retrouve donc ici, quoique discrètement, dans « un “Baedecker multisensoriel” des nombreuses incarnations du modernisme international des années 1910-1939 », « inspiré par les plans abandonnés [de] Yvan Goll en vue d’écrire une histoire de la modernité à travers la poésie de cette période » (présentation de Marjorie Perloff), autrement dit en très belle et significative compagnie, dans un choix éclectique et pléthorique qui rapproche comme trop rarement des avant-gardistes historiques de tous bords, sans négliger des figures injustement oubliées.
Exemples. Des Français ou francophones (ou assimilés) avec Apollinaire, Cendrars et Reverdy, mais aussi Tzara, Jules Romains, Picabia, Pierre Albert-Birot, Nicolas Beauduin, Yvan Goll et Claire Goll, Émile Malespine, Marcel Sauvage, Jean Epstein, Clément Pansaers, Céline Arnauld. Des anglo-saxons avec Joyce, Ezra Pound, William Carlos Williams, Louis Zukofsky. Des Allemands avec Schwitters, Raoul Hausmann, Hugo Ball, Walter Mehring ; des Hollandais avec Paul van Ostaijen, Theo van Doesburg. Des Européens de l’Est et des Russes avec Tadeusz Peiper, Jaroslav Seifert, Lajos Kassak, Ilarie Voronca, Maïakovski, Kamensky, Kruchenykh, Terentiev, Iliazd, Khlebnikov, Andrei Biély. Des Italiens avec Marinetti, Ardengo Soffici, Bruno Corra, Gino Severini, Fortunato Depero, Paulo Buzzi, Francesco Cangiullo. Des Espagnols avec Ramón Gómez de la Serna ou les ultraïstes Guillermo de Torre, Humberto Rivas, Pedro Garfias, José Rivas Panedas, ou encore les Catalans Josep-Maria Junoy et Joan Salvat-Papasseit. Des Portugais avec Pessoa et Mário de Sá-Carneiro. Des Mexicains avec Jaime Torres Bodet et les stridentistes (bientôt en traduction française !) Manuel Maples Arce, Germán List Arzubide, Salvador Gallardo, Kyn Taniya. Des Hispano-américains avec Borges, Cesar Vallejo, Oliverio Girondo, Juan Marin, Salvador Reyes. Et bien d’autres…

Bref, une invitation à lire la poésie moderniste brésilienne en consonance avec toutes les voix de l’avant-garde des années 1910 et 1920, urbanophile, « modernolâtre » ou expérimentale, sur un horizon où le Brésil comme toute l’Amérique latine font trop souvent défaut.

14 juin 2012

À propos de Benjamin Péret dans le Brésil anthropophage


L’occasion d’entendre évoquer sans doute, entre autres anecdotes de la passionnante aventure brésilienne de Benjamin Péret, le compagnonnage furtif du surréaliste français avec le groupe « anthropophage » d’Oswald de Andrade…

Soutenance de thèse
de
Maria Leonor Lourenço de Abreu
« Benjamin Péret et le Brésil »

Lundi 25 juin 2012 à 14h30
Sorbonne Nouvelle – Paris 3
17, rue de la Sorbonne
Salle Bourjac (galerie Rollin)
 
- soutenance publique -
 
B. Péret, Tarsila do Amaral et  O. de Andrade ( 3e à 5e à partir de la gauche), Rio de Janeiro, 1929.
Directeur : M. Henri Béhar, Professeur émérite.
Membres du jury : M. Henri Béhar, Professeur émérite (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3), Mme Isabelle Krzywkowski, Professeur des universités (Université Grenoble 3), M. Daniel Pageaux, Professeur des universités (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3), M. Régis Tettamanzi, Professeur des universités (Université de Nantes).